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Devenir-Animal #2 - Catherine Arbassette - Monkey Mood Galerie

Du 18 avril 2019 au 12 mai 2019   |   Partager   facebook twitter
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DEVENIR-ANIMAL #2
CATHERINE ARBASSETTE

Vernissage jeudi 18 avril à 18h
Du 15 avril au 12 mai  2019

Commissaire d'exposition:
Nadia Russell Kissoon / L'Agence Créative

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Événement Facebook

" Devenir-Animal #2 " est la deuxième exposition d'un cycle réunissant six artistes peintres:"Devenir-Animal" et "Devenir-Aquatique" avec Victoria Stagni, Catherine Arbassette, Chantal Le Roux Russell, Maya Andersson, Coline Gaulot et Solène Lestage.

Monkey Mood galerie
11 rue Camille Sauvageau à Bordeaux
Du mardi au vendredi 12h - 18h
Dimanche 11h-15h
Et sur rendez-vous au 0663275249

THE LAST DAYS OF SUMMER
" Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l'homme et de l'homme au cochon, et
de nouveau du cochon à l'homme; mais il était déjà impossible de distinguer l'un de l'autre.
"
George Orwell - La ferme des animaux (1945)

" Ce fut un été comme un autre dans cette partie du monde. Banalement normal, même s'il avait fait très chaud et que la lumière était éblouissante et souvent aveuglante. Nous en sortions un peu amorphes, comme hébétés et sans réflexe, indolents et prêts à tout avaler, sans imaginer une seconde que tout cela pourrait virer si vite et de façon inexorable au cauchemar. Nous l'avions pourtant vu venir tellement ses sabots étaient énormes et grotesques. Nous avions ri ; nous nous étions grassement moqués de lui et de son entourage tout droit sorti d'une version toute en dorures et gourmettes en or d'un freakshow moderne ... Et alors ... nous sommes entrés dans l'automne avec un dictateur supplémentaire, un vieux cochon plus du tout sage, vulgaire et gras, porté tout en haut de la tour par des animaux devenus fous, ivres de pouvoir, de rancœur, de haine et d'envie d'en découdre, mais qui n'imaginaient pas la portée de leur geste, qui ne croyaient pas même eux-mêmes. Combien d'années passeront avant que ces cochons ne redeviennent les spectres de leur révolution sans noblesse et sans grandeur d'âme? Combien d'années avant que l'ivresse prenne fin et qu'ils se rendent compte qu'il y aura forcément après eux des hommes qui se relèveront, tête haute, et décideront de se révolter contre leur maître dans l'espoir de mener une vie autonome dans l'égalité, l'entraide et la paix pour tous? Les animaux reviendront à la ferme. "
Brenda Leebee


Ce texte de Brenda Leebee, nous parle bien de l'élection du dernier président des Etats-Unis. Déjà présent dans l'exposition Devenir-Animal #1 de Victoria Stagni, il resurgit dans Devenir-Animal #2 de Catherine Arbassette. Toutes deux dans leurs peintures aux esthétiques très différentes, extraient de la " meute " homme, un être anomal, une bête politique, milliardaire, raciste et misogyne en costard cravate, le président de la première puissance mondiale qui symbolise à lui seul cette catastrophe par contagion de masse. Il catalyse toute la bêtise et la violence capitaliste de notre époque.

Catherine Arbassette est une artiste enragée, chroniqueuse cynique de la société contemporaine et de ses images qui nous envahissent chaque jour à travers les réseaux sociaux et les JT. Malgré l'humour qui peut transparaître dans son œuvre, elle se dit profondément pessimiste. Elle continue pourtant de peindre sans relâche l'absurdité de notre monde. À coup de grands aplats colorés aux cernes marqués, elle recompose des images trouvées ici ou là et exacerbe leur message en utilisant des référence cinématographiques. Proche parfois de la bande dessinée, elle travaille sa peinture en séquence. La série "The Last day of summer" met en parallèle des portraits de familles d'hommes politiques et le braconnage.

Militantisme écologique, social et politique se confondent avec au cœur de son œuvre l'animal. Elle nous parle de ces interconnexions cachées que beaucoup préfèrent ignorer. Dans ses portraits de famille, dont les protagonistes sont si facilement reconnaissables, elle devient peintre fabuliste et use de l'allégorie pour les ridiculiser un peu plus encore. À partir de photographies détournées de scènes de braconnages, elle imagine de nouvelles compositions funestes ou le cadavre d'une girafe, d'un lion ou d'un éléphant gis tristement au pied de son prédateur. Ils finiront empaillés dans des intérieurs aux dorures vulgaires. Chasseurs ou chasseuses ont " perdu la tête " ou sont représentés par des personnages de films d'horreurs qui ont marqué une époque, tels que Freaks, Shilling, Scream ou Ça. Fiction et réalité cohabitent et exacerbent le grotesque de ces scènes de plaisir assassin qui dépassent l'entendement de tout être sensé et sensible. Sa peinture, proche de la Figuration Narrative des années 60, qui souhaitait faire de l'art un outil politique de transformation sociale, rend compte de la violence ordinaire et de notre sentiment d'impuissance. Pour faire mentir ce sentiment, elle continue. Alors méticuleuse, elle abandonne l'urgence de la peinture acrylique pour broder. Pendant des heures, jusqu'à ce que ses mains ne lui répondent plus, elle brode des scènes de surpêche et de déforestation transformant cet art dit féminin en artivisme. Nœud, après nœud, elle qui " n'aime pas les esprits aux nœuds trop serrés ", reconstruit le Monde. Notre Monde comme il va. Sans y apporter de réponse, elle nous invite sans doute à nous reposer cette question de Gilles Aillaud " Quel est le pouvoir de l'art aujourd'hui dans le devenir du monde ? "
Nadia Russell Kissoon