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À LA RECHERCHE DU RÊVE - JULIA BARTOLINI - GALERIE TINBOX MOBILE

Du 02 mars 2026 au 01 décembre 2026   |   Partager   facebook twitter
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À LA RECHERCHE DU RÊVE
Julia Bartolini
Exposition itinérante Galerie Tinbox Mobile #5
et actions de médiation
Mars - novembre 2026
Départements de la Gironde et des Landes


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# À BORDEAUX EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL WOW
VERNISSAGE
SAMEDI 14 MARS 2026 DE 11H À 14H

Exposition du 2 au 29 mars
Place des Capucins
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# À MORCENX (40)
AVRIL - MAI
Dates à confirmer
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# À OUSSE-SUZAN (40)
1er juin au 31 août 2026
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DOSSIER D'EXPOSITION
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" Quand la civilisation n'est pas soin, elle n'est rien ".
Cynthia Fleury, Le soin est un humanisme

Une cosmogonie du care
C'est dans son atelier situé dans la forêt des Landes à Sore que Julia Bartolini, artiste diplômée de l'Université de Bordeaux, dessine une cosmogonie où le portrait devient le lieu de symbioses. Dans un style qui s'apparente à un réalisme naïf, elle fusionne la précision du dessin naturaliste avec une imagerie symbolique traversée d'influences de l'art indien, notamment dans les postures et les gestes, et de l'art slave, perceptible dans la frontalité des visages et leurs dimensions iconiques. Sa méthode relève d'une archéologie formelle intuitive: elle assemble des éléments du réel et utilise le crayon de couleur avec une telle précision qu'on en oublie la notion de coloriage. La couleur intervient alors comme achèvement de sa recherche, densifiant la matière graphique jusqu'à lui conférer une luminosité et une transparence singulière. Les thèmes de la féminité, de la nature, de la naissance, de la croissance et de la célébration du vivant dans sa perpétuelle métamorphose traversent l'ensemble de son œuvre. Ses compositions énigmatiques sont des cartographies où le corps fusionne avec le végétal et le ciel. Cette perméabilité entre intérieur et extérieur dessine une géographie organique - des lignes de vie, de cœur, de joie, de rêve, de fuite et de désir.

Ici, le regard s'inverse. Ses figures ne se donnent pas à voir; elles voient. Ce face-à-face relève de la vocation iconique: non la représentation, mais la manifestation. La peinture dorée accentue ici et là cette aura sacrée, tandis que des inscriptions guident la lecture. Les mains, souvent articulées en mudras (yoga des mains) - mudra du souffle, mudra de la joie intérieure, mudra de l'équilibre, mudra de l'armure énergétique - opèrent moins comme un codage symbolique que comme une invitation à l'introspection, une gestuelle du soin qui brouille la frontière entre visible et invisible, corps et esprit, et inscrit l'œuvre dans une dimension de guérison et de réparation.

Adho Merudanda Mudra — dont l'intitulé, littéralement, désigne " le geste du bâton qui se fait face " — est l'œuvre centrale de l'exposition À la recherche du rêve. Elle opère comme une charnière sensible entre le dessin et la sculpture, le signe et l'espace. À échelle humaine, cette pièce se déploie dans la galerie Tinbox Mobile selon une dynamique de flottement: les nuages, fruits et végétaux qui composent ce corps paraissent sur le point de se dissocier. Par cette installation inédite et innovante pour l'artiste, la distinction entre bi et tri-dimensionnalité s'estompe pour laisser place à un espace mouvant et métamorphique. En son centre, au croisement du géométrique et de l'organique, une maison (Sorus*) nous regarde. Elle n'est pas sans rappeler les Femmes-Maisons de Louise Bourgeois - contenant ambivalent, protecteur et emprisonnant. Le titre renvoie à un mudra et à une posture des traditions yogiques, il est chargé d'une polysémie philosophique, anatomique et spirituelle : " Adho " signifie " vers le bas ", " Meru " désigne la montagne cosmique, axe du monde dans les cosmogonies indiennes, tandis que " Danda " est le bâton, le sceptre ou la colonne. Ainsi, " Merudanda " désigne cet axe de reliance - entre la Terre et le ciel, le réel et l'imaginaire ou encore entre l'éveil et le rêve.
Prendre soin est peut-être le message premier véhiculé par les œuvres de Julia Bartolini comme une invitation à cultiver une éthique écosophique et à considérer le care " comme une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre "monde", en sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie "**

Nadia Russell Kissoon
Commissaire de l'exposition


*Sore viendrait du cognomen Sorus en latin qui signifie "villa" ou du basque Soro qui signifie "champ, prairie" et signifie "douloureux" en anglais.
** L'éthique du care, Fischer et Joan Tronto, 1991